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Préparer une estimation immobilière avec les données publiques
Avant un rendez-vous d'estimation, les données publiques donnent des prix réels, l'état énergétique du parc, les risques de l'adresse et les projets qui vont changer le quartier. Elles ne remplacent pas la visite, mais elles fondent l'argumentaire sur des faits que le vendeur peut vérifier.
1. Les ventes comparables
Les demandes de valeurs foncières (DVF), publiées par la direction générale des Finances publiques, recensent les ventes des cinq dernières années : date, prix, type de bien, surface bâtie, nombre de pièces, surface du terrain, parcelle. C'est la seule source de prix réellement signés, et non affichés.
Trois précautions avant de citer un comparable :
- le délai : les ventes paraissent deux fois par an, avec environ six mois de retard ; sur un marché qui bouge, le dernier trimestre manque ;
- ce qui n'y figure pas : l'étage, l'état, la vue, l'extérieur, le DPE ; deux ventes au même prix au m² peuvent décrire des biens sans rapport ;
- les ventes atypiques : plusieurs lots vendus ensemble, une vente en l'état futur d'achèvement, un terrain avec une maison à démolir faussent une médiane. Mieux vaut quelques comparables vérifiés qu'une moyenne de tout.
Pour lire un prix au m² de quartier : le prix de l'immobilier dans son quartier.
2. Le diagnostic de performance énergétique
Les DPE réalisés depuis la réforme de 2021 sont publiés par l'ADEME, avec leur étiquette. Ils servent deux fois : pour le bien lui-même, dont le DPE est opposable, et pour le quartier, où la part de logements énergivores pèse sur la demande. Le calendrier de la loi Climat et résilience retire progressivement du marché locatif les logements les plus mal classés, en commençant par la classe G : pour un investisseur, l'étiquette entre directement dans le prix.
3. Les risques de l'adresse
L'état des risques (inondation, retrait-gonflement des argiles, radon, sites pollués, plans de prévention…) doit être joint à la promesse de vente comme au bail. Le préparer avant le rendez-vous évite qu'un acquéreur le découvre en fin de négociation. Les informations sont publiques sur Géorisques ; détail : ma maison est-elle en zone à risques ?
4. Ce qui va changer autour
Un immeuble de quarante logements autorisé dans la rue, une démolition, une ligne de bus nouvelle, des commerces qui ferment : l'environnement d'un bien bouge, et l'acquéreur le découvrira. Les permis accordés (base SITADEL), les ouvertures et fermetures d'entreprises (SIRENE, BODACC) et les projets publics sont publics. Les présenter soi-même, en positif comme en négatif, est un argument de sérieux.
5. Ce que permet le terrain
Pour une maison avec du terrain, le plan local d'urbanisme dit ce qui reste constructible : hauteur, emprise, reculs. Un jardin divisible change la valeur, et les acquéreurs avertis le savent. Le règlement de la zone se lit sur le Géoportail de l'urbanisme ; pour une réponse engageante, le certificat d'urbanisme fait foi.
Les données publiques donnent des repères, pas une valeur. L'estimation reste un travail de professionnel : visite, connaissance du marché local, et responsabilité de l'avis rendu.
Le dossier du quartier, prêt pour le rendez-vous
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